Une autre approche du droit à la déconnexion

Social: Proposé le, 10/07/2017 par éditeur actualisé le 12/08/2019 - Ecouter l'abrégé audio

L'hyper-connexion maintient un état d'alerte permanent, non seulement, durant la journée de travail mais également le soir ou en fin de semaine, générant au fil du temps du stress, pouvant conduire au burn-out. Ce que le respect du droit à la déconnexion devrait prévenir, en permettant d'assurer les temps de repos et de congé des salariés, associés à un usage raisonné des outils numériques

Le contrat de travail: Par contrat, écrit ou verbal, un salarié s'engage auprès de son employeur à être à sa disposition pour effectuer un travail pendant la durée et aux horaires prévus au contrat ou, par défaut, durant la durée légale hebdomadaire.
Dans certains cas prévus, planifiés, respectant un délai de prévenance et prévoyant une compensation financière, cette disponibilité peut être prolongée hors des heures et des jours de travail habituels. Cela s'appelle l'astreinte.

Le droit à la déconnexion n'est que le rappel de cette convention entre l'employeur et le salarié et consacre le droit de ne travailler que durant les horaires de travail habituels, prévus contractuellement, sauf heures complémentaires ou supplémentaires. Exception faite des cadres dirigeants.
Pour les autres, les indispensables, qui se la pète en consultant à longueur de temps leurs téléphones intelligents, démontrent qu'ils sont des ânes bâtés, dépendant d'une laisse électronique pour tenter de compenser leurs insuffisances et minimiser leur sentiment d'inefficacité voire d'inutilité. Ce sont les mêmes crétins qui partagent leurs imbécillités et évaluent leurs sociabilités au nombre de leurs "amis" sur certains zéros sociaux. Et c'est vrai qu'ils sont très nombreux!

L'hyper-connexion est l'équivalent de l'hyper-présence en entreprise. Dans les deux cas, cela met en évidence l'existence d'une désorganisation ou d'une inorganisation, soit au niveau de l'entreprise, soit au niveau du salarié.
En application du principe de Peter, le salarié hyper-présent est peut-être arrivé à son niveau d'incompétence, à moins qu'il ne s'agisse d'un glandeur compulsif traînant dans l'entreprise et qui perturbe ses collègues par ses intrusions intempestives et ses remarques inutiles ou contre-productives.

L'omni-connexion, souvent vue, présentée ou ressentie comme une démonstration de réactivité et de disponibilité, alors que répondre à toute heure, sauf circonstances exceptionnelles, aux sollicitations faites via les TIC, c'est subir une constante perturbation, à ne pas confondre avec l'agilité,
nouvelle formulation pour dire adaptabilité
, et être contraint d'intégrer une part du désordre de l'émetteur du message dans son propre travail.

Pourtant, se déconnecter de son travail, permet de se ressourcer, de trouver un meilleur équilibre personnel pour mieux travailler et travailler plus efficacement.

Les évolutions induites par la transition numérique obligent à des adaptations des modes opératoires mais n'incitent pas à moins d'organisation ni de coordination. Il est toujours nécessaire de pouvoir trouver en temps et en heure, à l'endroit convenu, les résultats du travail effectué.

Commentaire : Pour l'employeur, être contraint d'appliquer le droit à la déconnexion, n'est pas qu'une obligation de santé au travail, c'est probablement significatif de difficultés sous-jacentes qui se traduiront par une dégradation des relations interpersonnelles liens établis avec l'entourage professionnel et personnel. dans l'entreprise, pouvant mener au départ des salariés les plus efficients, à la recherche de meilleures conditions de travail.

Enfin, ne pourrait-on pas redonner son sens initial au respect de la vie privée, dont on nous rebat tant les oreilles à propos de la collecte de nos données à caractère personnel, en l'appliquant au travail tout comme au télétravail.
A bon entendeur ...

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