De la confidentialité, que reste-t-il ?

Sauf à habiter une grotte, pas grand-chose !

Gestion: Proposé le 30 novembre 2021 par Max Bertin actualisé le 06 décembre 2021 et le 11 janvier 2022.

Préserver la confidentialité de ses données et de ses actions sur Internet tout comme dans la vie réelle est difficile, particulièrement si vous avez un terminal qui permet la géolocalisation.

La quantité croissante de données collectées grâce à une surveillance électronique de tous les instants par de multiples intervenants laisse peu de place à l'intimité.
Toutefois, nous avons encore, un peu, la possibilité de limiter l'étendue de cette collecte massive de données en adoptant des règles comportementales adaptées à ce nouvel environnement numérique et en ne nous comportant plus avec désinvolture comme des gamins avec leurs nouveaux jouets.

Récemment par voie publicitaire, une certaine banque arguait d'une pseudo-faveur qu'elle ferait à ses clients en affirmant faire bénéficier ses clients fidèles d'une assurance, sans formalités médicales pour garantir un prêt immobilier.

N'allez pas croire que cette banque fasse une fleur à ses fidèles clients. Non, la réalité est qu'elle dispose de suffisamment d'informations les concernant, particulièrement sur leurs états de santé,notamment en exploitant les remboursements des frais de santé pour savoir s'ils représentent un risque assurable dans de bonnes conditions.

La moindre donnée, aussi banale soit-elle, associée à d'autres peut avoir une utilité ou un intérêt pour une entreprise. C'est ainsi qu'une banque qui connait tous les mouvements des comptes de ses clients peut créer un profil pour son usage personnel, dans cet exemple un profil de santé, ou pour le mettre à disposition, gracieuse ou payante, à des tiers.

Nous le savons, comme le montre l'exemple ci-dessus, nous ne sommes pas les seuls émetteurs de nos données personnelles mais il est encore possible d'en limiter la dispersion.

La première de toutes les règles à appliquer : Abandonnez les réseaux sociaux, tous les réseaux, qui n'ont de social que l'appellation. En les délaissant, ils disparaîtront comme d'autres avant eux, car vous assècherez leurs sources de revenus, basées sur l'exploitation de vos données personnelles et la publicité.

De la même façon, limitez vos achats en ligne. Trop souvent le prix payé est plus élevé que celui affiché si vous incluez vos données à caractère personnel et les désagréments de l'achat en ligne lorsque le produit ne correspond pas à vos attentes. N'oubliez pas que la vente en ligne n'est qu'une forme actualisée de la vente à distance et en présente, au moins, les mêmes inconvénients

Concernant nos données de santé, comme l'admet implicitement cette banque, nous ne sommes pas maîtres du jeu puisque du médecin, avec son logiciel d'aide à la prescription, en passant par les quelques 20.000 pharmacies en France jusqu'à l'assurance maladie et les mutuelles, nos données sont numérisées, diffusées et centralisées dans le data Health hub.

En matière de santé, la situation n'ira pas en s'améliorant puisque le Ségur du numérique en santé a pour objectif d'étendre encore la circulation des données de santé.

Avec le « Ségur numérique », dire oui à la e-santé, c’est le moment ou jamais !
Extrait de la présentation sur ameli.fr

Je n'évoque les données bancaires que pour signaler l'ancienneté des traitements informatisés, aujourd'hui encore accrues, par l'augmentation des paiements électroniques ou par carte bancaire et la diminution du paiement en espèces pour cause de covid-19.

Si vous souhaitez bénéficier de commerces de proximité et avoir des centres villes animés, détournez-vous d'Amas-ZoneNe cherchez pas l'erreur, la graphie est volontaire et la prononciation reste identique. et de tous les sites de vente en ligne.
Avant de chercher sur le Web, allez donc voir chez le commerçant du coin s'il a le produit que vous désirez. S'il est disponible, vous pourrez repartir avec, sans délai.

Un exemple récent en faveur de l'achat local

Pour faire des ajouts sur son ordonnance, après édition par l'imprimante, mon médecin utilise un stylo-bille de la marque "Montblanc". Ayant remplacé la cartouche usagée par une neuve de la même marque, achetée sur Internet, qui s'est avérée défectueuse. Il me dit devoir en commander une nouvelle, encore par internet.
Je lui fis remarquer que s'il s'était approvisionné localement, il aurait pu rapporter la cartouche et obtenir, rapidement, son remplacement à titre gracieux. Ce qu'internet ne permet pas, compte tenu de la faible valeur de l'article, du coût du port de retour, du délai et de l'incertitude de l'acceptation du site vendeur du remplacement sans frais.

Les sources centralisées d'informations, le fichage à des fins policières en est un exemple, les bases de données, telles qu'elles existaient avant l'ère d'Internet sont dépassées par le big data, la collecte massive, généralisée et systématisée, des traces que vous laissez et des données que vous transmettez par Internet.

La moindre donnée, aussi banale puisse-t-elle paraître, associée à d'autres, peut avoir une utilité ou un intérêt pour une entreprise, une administration, un organisme social ou une organisation policière (Europol) et peut être utilisée pour établir un profil orienté pour un usage déterminé. C'est ce que font les publicitaires ciblant des groupes précis de personnes selon l'âge, le genre, les catégories socio-professionnelles, la situation familiale, les centres d'intérêts et bien d'autres.
Dans la collecte et le traitement des données, le contradictoire, comme est censé le faire un juge d'instruction en instruisant à charge et à décharge, n'existe pas.
L'établissement d'un profil est toujours à charge, de la même façon qu'un enquêteur de police recherche des informations, des éléments de preuves confirmant sa perception de l'histoire du délit, de l'infraction ou du crime objet de son enquête. Ces dernières distinctions n'existent pas dans la collecte et le traitement de données.

L'ensemble des données collectées est conservé pour un éventuel traitement ultérieur, créant de facto un double numérique de nos personnalités, une mémoire numérique bien plus efficace et plus longue que celle dont nous sommes naturellement dotés.

C'est ainsi que la visite d'un site, même d'une seule page, une seule fois, pourra être extraite de la masse de données vous concernant et utilisée pour compléter un profil.
Il est possible de percevoir l'utilisation qui pourrait en être faite ou est déjà faite dans des états se revendiquant comme démocratiques.

Comme toujours, ce n'est pas l'outil qui est mauvais, c'est l'usage que l'on en fait qui peut être perverti.

Mise à jour du 11 janvier 2022:Europol sanctionné par le CEPD.

L'injonction du CEPDacronyme du Centre européen de la protection des données, en anglais: EDPS, European Data Protection Supervisor. à Europol de supprimer d'importants volumes de données sans catégorisation des personnes concernées met en évidence et confirme notre propos, ci-dessus exposé, que même les organismes publics pratiquent la collecte massive de données et ne respectent pas le droit à la protection des données à caractère personnel en collectant trop largement et en les conservant sans limites de temps.
Dans le cas d'Europol, le CEPD impose, à l'avenir, une période de conservation maximale de 6 mois pour filtrer et extraire les données personnelles. Europol ne sera plus autorisé à conserver, sans traitements, des données sur des personnes non liées à un crime ou à une activité criminelle de façon illimitées.

Europol et données illégalement conservées
Le 3 janvier 2022, le CEPD a notifié à Europol une ordonnance de suppression de données concernant des personnes sans lien établi avec une activité criminelle

Ordonnance du CEDP traduite en Français

Avec des quantités toujours croissantes de données collectées sur nous avec un ensemble de méthodes et de matériels toujours plus large, lutter contre la surveillance généralisée semble souvent être une cause perdue. Toutefois, il est encore possible d'en limiter les effets en ayant une utilisation intelligente et maîtrisée du net et en ne succombant pas aux dernières tendances. A l'aide de didacticiels vous expliquant comment utiliser les technologies de préservation de la vie privée et des articles traitant des problèmes liés à la confidentialité, à la surveillance, au big data et à la technologie, le site The Tin Hat peut vous aider à vous mettre à l'abri de la surveillance. Quoique que le site ne soit plus actualisé, les tutoriels et les articles gardent une certaine pertinence.

Conclusion : La question n'est plus de savoir si vous avez ou pas des choses à cacher, mais comment seront utilisées et interprétées vos données.

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