Actualités sociales

C'est pour qui le gratuit ?

Gestion: Proposé le 15/06/2024 par Max Bertin actualisé le 16/06/2024

Actuellement, la tendance est à l'intelligence artificielle déclinée sous toutes les formes possibles et imaginables. Les promesses sont telles que l’on ne peut résister à l’envie de découvrir et peut-être tester toutes ces nouveautés boostées à l'IA.
Pour attirer le chaland, il existe un mot magique, tel le miel attirant les mouches, l'adjectif "gratuit", un véritable aimant à visiteurs.

Curieux que vous êtes, pour tirer le plein bénéfice de votre visite et évaluer l’intérêt de l'application améliorée à l’IA, vous devrez, soit créer un compte utilisateur, soit vous connecter au moyen de l'un de vos identifiants habituels, disponibles dans une liste comme celle ci-dessous, pour faire un essai pourtant annoncé comme gratuit.

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Sauf que dès que vous vous identifiez sur un site web, à de rares exceptions, s'en est finit de la prétendue gratuité du service en ligne que vous allez utiliser. Vous allez payer en monnaie de singe, en l'espèce vos données, y compris celles à caractère personnel, au sens du RGPD. Dès lors, vous allez casquer et au prix fort, sans même vous en rendre compte

Tel est le principe de la gratuité en ligne. Même dans la vie réelle (I R L), la gratuité, si elle n'est pas accompagnée de générosité donc sans espérance d'un retour quelconque, n'est jamais totalement désintéressée. Par exemple : 1 gratuit pour 3 produits achetés.

La connexion au service en ligne au moyen d'un ID quelconque permet de vous identifier de façon certaine et de vous suivre sur le site et, selon l'identifiant choisi, de site en site, tel celui de Fessebouc dont on connaît depuis longtemps, l'omni-présent tracking .

L'ennuyeux de ce pistage permanent n'est pas tant la collecte des données que les traitements appliqués et les utilisations qui en sont ou seront faites. Il est de plus en plus question avec les IA génératives de jumeaux numériques mais, encore une fois, cela n'a rien de nouveau.

La collecte constante de nos données, que ce soit depuis un PC, de bureau ou portable, d'un smart-phone ou d'une tablette, lors de notre navigation sur le net, sites web ou plate-formes de zéro sociaux, le géo-tracking de notre smart-phone, fait que notre double numérique existe déjà. Il ne serait, pour l'instant et selon les déclarations des divers collecteurs, qu'à vocation publicitaire. Mais tant d'autres utilisations sont possibles que, logiquement, l'on doit s'interroger "Est-ce bien vrai ?"

Pas si sûr, si l’on se réfère au scandale de Cambridge Analytica, révélé en 2018, qui utilisa les données de Fessebouc à des fins de propagande politique.

La contrepartie à la gratuité étant la récupération et l'exploitation de nos données, faire payer les utilisateurs des services en ligne mettrait-il fin à cette collecte ?

Certainement pas ! L’insatiable besoin des GAFAM et autres promoteurs d’IA générative, de nos données ne pourrait être satisfait sans l'accaparement systématique des données des utilisateurs.

N’étant pas à une carambouille près, certains éditeurs de sites ont en mis place des paywallsune version numérique de péage pour accéder à la lecture d'un article ou, plus récemment, des cookies wallsune autre forme de péage à base de cookies à vocation publicitaire. Dans les deux cas, que vous acceptiez ou non de payer, vous serez tracé avec les sempiternelles conséquences publicitaires.

Finalement, ce ne sont pas les utilisateurs de sites et services en ligne qui bénéficient de la gratuité mais les éditeurs de ces sites qui profitent de la fréquentation de leurs sites pour se goinfrer sans vergogne de vos données, de toutes sortes de données.

La solution consistant à ne plus se connecter à internet est insuffisante puisque nous ne sommes pas les seuls producteurs et détenteurs de nos données. Les services publics, les hôpitaux et autres organismes liés à la santé, les assureurs, les banques etc. disposent d'une quantité gigantesque de données à caractère personnel qui, contrairement à la forfanterie de leurs affirmations, sont incapables d'assurer la simple conservation en lieu sûr de nos données

Un exemple : Le vol massif de données par l’exploitation d’une faille de sécurité connue du nouvel organisme France-travail en mars 2024 concernant 43 millions de personnes ayant, à un moment ou un autre, dû recourir à Pôle emploi, devenu France Travail au 1er janvier 2024, sur les 68 millions de Français, à ce jour, soit la quasi-totalité des personnes actives ou ayant eu une activité professionnelle ces 20 dernières années.

En complément, vous pourriez lire comment Google utilise les cookies dans la publicité.

info supplémentaire : Fessebouc a trouvé un nouveau moyen de vous suivre de site en site.

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